Histoire et patrimoine

L’étymologie de Rocheservière est toujours sujette à beaucoup de discussions et de suppositions. La première hypothèse fait état d’origine très ancienne (Rupes Cerviera = Rocher des Cerfs).

Une autre possibilité est l’origine pré celtique, tirée de l’ancien occitan signifie : ROCA : roche, rocher.   CERVIERE : le cervier est le chasseur de cerfs.

Enfin, d’autres avis évoquent plutôt « La Roche sur Rivière ».

Avant la révolution de 1789, ce qui compose la commune de Rocheservière comprenait 4 paroisses :

  • Notre Dame avec l’église paroissiale du château
  • La Grolle
  • St Christophe la Chartreuse
  • St sauveur.

En 1789, les paroisses disparaissent au profit des communes. Les anciennes paroisses de Notre Dame et de St Sauveur sont réunies pour former, en 1791, la commune de Rocheservière. Puis, le 17 août 1827, la commune de La Grolle et celle de Saint Christophe sont rattachées à Rocheservière.

Par la loi du 14 décembre 1789, les communes ont été créées comme étant les plus petites divisions administratives françaises.

Ainsi, la commune de Rocheservière et elle eut pour 1er maire, Marie-François Cormier, sieur de la Martinière puis Jean-François Sue, médecin chirurgien. Marie-François Cormier était ingénieur des Ponts et chaussées. C’est lui qui élabora en 1804, à la demande de Napoléon les plans d’une ville nouvelle, la Roche sur Yon appelée alors « Napoléon ».

En 1789, Jean-François Sue, oncle du romancier Eugène SUE est élu avec son ami le notable Goupilleau pour représenter la paroisse de Rocheservière à Poitiers. Ils rédigent alors les cahiers de doléances qu’ils amèneront à Poitiers.

Mars 1793, la Vendée se soulève. Les premières émeutes dans le canton ont lieu, à St Sulpice-le-Verdon, et à Rocheservière. S’en suit la bataille de Montaigu, et les premières victoires des royalistes.

Républicain convaincu et représentant des républicains dans la commune, Jean-François Sue est menacé, tout comme les notables investis dans la vie municipale. Le maire et tout son conseil sont emprisonnés par les Blancs, les royalistes, dans la mairie avec l’intention de les massacrer le soir même de leur capture. Ils y restèrent 50 jours. Grâce à l’intervention du curé de la paroisse de la Grolle, Julien Mitrecey, Jean François SUE put s’échapper et se réfugier à NANTES.

Le projet de la mairie actuelle a été conçu par Charles LUBIN de BAUDRY d’ASSON, maire jusqu’en 1830. La construction s’est faite de 1834 à 1836 au prix de 1500 fr. Le bâtiment a été prévu pour accueillir une école primaire, une salle de mairie, la Justice de paix, un dépôt de sûreté. Des halles furent également édifiées. Celles-ci étaient réparties de part et d’autre du bâtiment central et un passage au centre du bâtiment assurait la liaison entre les deux.

La Boulogne est déjà mentionnée sous le nom de Bédonia dans une charte de Louis le Débonnaire, en date du 17 des calendes d’avril 819, puis Bolonio au XIIème. Elle prend sa source à St Martin-des-Noyers au cœur du département de la Vendée.

Rocheservière se situe à la moitié du cours de la rivière.

La Boulogne alimentait le moulin auprès duquel les tanneurs s’étaient installés. Elle était aussi le siège de nombreux autres métiers : meuniers, ligniculteurs, chanvriers, tisserands, teinturiers, potiers, etc.

En 1836, une pollution a marqué la cité à cause du travail du lin, pour lequel un passage prolongé dans l’eau est nécessaire pour en séparer les fibres.

De par sa situation aux confins du Poitou et de la Bretagne, Rocheservière entre dans l’histoire de France dès le Xème siècle. Un grand nombre de serfs devaient vivre autour de la roche sur laquelle aurait été édifiée au Xème ou XIème la tour féodale surplombant la vallée de la Boulogne. Le Seigneur de Rocheservière était désigné ainsi : « Dominus de Rupercerveria » en 1250.

Pour protéger leur territoire des invasions des vikings, des bretons et des angevins, les comtes du Poitou édifient des lignes de défenses en créant des châteaux forts au nord de leur territoire. La Garnache, Machecoul, Palluau, Montaigu, Tiffauges, Mortagne, Rocheservière, entre autres, deviennent des places fortifiées, occupant une position stratégique.

Au début du XIIème, le château appartenait à un seigneur du nom d’Emmery. Sa fille, Agnès, en épousant un Chabot fit entrer la terre de Roche Servière dans cette noble famille qui la posséda pendant plusieurs générations.

Ainsi la châtellenie de Rocheservière atteint-elle son apogée au XIIIème siècle. C’était une des plus puissantes de la France féodale. Elle étend ses droits sur les paroisses de Rocheservière, La Grolle, Saint Christophe la Chartreuse, Saint Etienne de Corcoué, Saint Philbert de Bouaine, sur une partie des paroisses de Mormaison, Saint Sulpice, Saint Denis la Chevasse, Les Lucs, Legé, Saint Colombin et jusqu’au lac de Grand Lieu. Le seigneur de Rocheservière était considéré comme le suzerain de tous les seigneurs « vassaux » installés dans la châtellenie, avec un droit de haute justice sur l’ensemble du territoire.

Les Chabot, dès 1040, sont cités comme une des plus grandes et vieilles familles seigneuriales en France. Ils sont à la tête de la seigneurie pendant près de 250 ans, de 1050 à 1300 environ. En 1170, Thibaud II fonde le prieuré de Rocheservière.

Cette famille entreprend au XIIIème siècle la construction d’un château fort sur cette butte féodale qu’on appelle aujourd’hui la « butte » Sebrand et Thibaud Chabot, avec tout un système de défense : douves, remparts, donjon, tours, pont-levis, etc. Le château s’étend sur un hectare.

Le Bas-Poitou dont faisait partie la Vendée a toujours été un champ de batailles où sont venus les Romains et Gallo-romains, les Francs, les Anglais, les Bretons, les Angevins…

Plus tard, cette terre vint après, par mariage, aux Ruffec, maison d’Angoumois, non moins illustre, qui se fondit bientôt dans celle de Volvyre qui furent seigneurs de Rocheservière depuis 1350 jusqu’à 1531, soit près de 200 ans. Vers 1535, François de Volvyre vendit Roche Servière à Jean Hamon, Seigneur de Bonnet, dont la fille et héritière, Robinette Hamon, veuve de Claude de Maillé-Brézé, vivait encore en 1595. Roche Servière passa ensuite successivement aux Machecoul, aux Crux et aux Leclerc de Juigné ; ces derniers en étaient propriétaires au moment de la révolution. Cette forteresse est abandonnée par les Seigneurs au XVIIème.

Le 13 avril 1622, le roi Louis XIII serait passé à Rocheservière au moment des guerres entre catholiques et protestants. Il s’y arrête quelque temps avant d’aller « châtier » Soubise et ses coreligionnaires révoltés en Bas Poitou.

En 1799, Mr Grelier du Fougeroux, alors à la tête de la chouannerie du pays, fit démolir le château qui n’était plus qu’une ruine endommagée par de nombreuses guerres et abandonnée par ses seigneurs, afin de l’empêcher de servir de retraite ou de refuge aux troupes républicaines.

Elles se situaient au sud-ouest de l’enceinte du château et marquaient le départ des douves. Le château étant détruit, elle reste, avec les vestiges des remparts, le seul élément architectural représentatif de l’ancien domaine. Pourtant cette tour du XVIème siècle montre que les seigneurs de cette époque, les Volvyre et les Hamon, gardent un intérêt pour ce château forteresse dont les murailles ont souffert des outrages du temps et de la « folie » des hommes.

Les tours jumelles ont remplacé les tours médiévales. La fente verticale « archère ou arbalétrière » est orientée en direction du pont gallo romain visible à cette époque en l’absence du viaduc et du perré actuels. Cette orientation souligne le rôle de surveillance joué par ces tours pour contrôler le passage des véhicules et piétons sur le pont du seigneur de Rocheservière. L’ouverture au dessous de la fente permettait d’appuyer le canon d’une arquebuse puis d’un mousquet dont la portée était de 150 m.

Le donjon fut détruit en 1850. Ses pierres ont servi à la construction du château de la Source. Le dernier donjon fut démoli en 1877 pour y mettre le calvaire. Les dernières dépendances ont été démolies en 1962 pour y construire la résidence de personnes âgées appelée la « Résidence du Vieux Château ».

Aussitôt la fin de la guerre de cent ans (1453), les rois de France réorganisent les routes du pays, puis la poste aux chevaux qui offre toutes les 4 lieues (16 Kms) des relais pour manger, dormir et changer de monture. Rapidement apparaissent des ouvrages pratiques pour les voyageurs. Autour du château féodal se regroupent de nombreuses demeures, tel l’hôtel Porteau situé dans le centre de Rocheservière. Il date du XVIème siècle, mais la tradition orale cerviéroise le fait remonter à l’époque de Jeanne d’Arc au XVème. Il fut en partie épargné par la Révolution mais a conservé de vastes cheminées et un escalier en granit. Les multiples ouvertures du bâtiment devaient être à l’origine à meneaux. Cet ancien relais de diligences et la poste aux chevaux appartenait à la famille Porteau d’où il tire son nom.

Afin de marquer l’appartenance de la demeure à leur famille, les propriétaires faisaient généralement sculpter leurs emblèmes au-dessus de l’entrée principale comme à l’hôtel Porteau. À l’intérieur de cet écusson, un lion est tourné à senestre et un autre tourné à dextre. Dans la partie supérieure, une inscription indique selon les chroniques paroissiales « M.G. Berthomet ». On y remarque sans aucun doute deux branches d’olivier ainsi qu’une fleur de lys située au-dessous du T de l’inscription qui peut rappeler l’appartenance de Rocheservière au Poitou.

Le petit pont sur la Boulogne aurait été construit à l’époque Gallo-Romaine. Situé en contrebas de la butte, ce pont gallo-romain enjambe la rivière appelée Bedonia (819) puis Bolonio au XIIème. On peut penser que ce pont remonte au moins au Xème siècle. Il fut longtemps l’unique voie de passage sur la Boulogne tout au moins sur le territoire de Rocheservière. Il est composé de 4 arches de style roman dont la voûte est en plein cintre et les pierres taillées placées en berceau, style antérieur au XIIème. La 5ème arche coté moulin est de style gothique avec sa voûte en ogive, en arc brisé, restaurée sous cette forme au lendemain de la révolution. Le petit pont est classé monument historique. Suite aux événements de la révolution et des guerres de Vendée, il fut en partie détruit lors des combats des 16 et 17 juillet 1794, le bourg étant précédemment tombé aux mains des soldats républicains en septembre 1793.

Mais son encrage historique est dû au combat des 19 et 20 Juin 1815 – le lendemain de la défaite de Waterloo –

Bref rappel historique : Le retour de Napoléon au pouvoir connu sous l’appellation des 100 jours (20 mars – 23 juin 1815) provoque l’exil du roi Louis XVIII et déclenche le 15 mai un soulèvement dans l’ouest de la France. Napoléon y envoie une « force militaire considérable » de plus de 20 000 hommes.

C’est le combat de Rocheservière qui marque la fin de cette insurrection vendéenne. L’armée royale commandée notamment par de Suzannet et d’Autichamp, disperse le 19 juin, les chasseurs du général Travot au village de la Grolle. Le lendemain, le 20 juin, dans les rues et sur le vieux pont, ont lieu des combats acharnés. Mais la victoire revient aux impériaux du Général Lamarque. Les Vendéens perdent plusieurs de leurs chefs dont Constant de Suzannet. Vaincus, ils regagnent alors définitivement leurs chaumières.

Dans ses mémoires écrites à Sainte Hélène, Napoléon dit que s’il avait disposé, au moment de la bataille de Waterloo du 18 juin, de seulement 10 000 hommes de plus, soit la moitié de ses troupes occupées sur le territoire de l’ouest de la France, sa destinée en aurait été changée.

Rocheservière et La Vendée auraient-ils ainsi contribué à l’échec de l’un des plus grands stratèges militaires de tous les temps ? et à la fin du 1er Empire ?

Morts célèbres à ce combat

Monsieur de Suzannet enterré dans l’église de Maisdon en Loire-Atlantique
Monsieur du Réau de la Gaignonnière, un des 200 soldats du roi Louis XVIII : enterré dans le vieux cimetière de Rocheservière.

En septembre 1823, la Duchesse d’Angoulême, fille de Louis XVI, s’arrête à Rocheservière lors de son pèlerinage dans l’Ouest. Elle gratifie alors la municipalité d’une somme de 500 francs de l’époque afin de restaurer le vieux pont désormais entré dans l’Histoire de France, ce qui explique le style différent de la 5ème arche.

Anecdote : elle est accompagnée en Vendée par Tureau, chef des colonnes infernales qui ravagèrent le territoire de la Vendée militaire, de février à mai 1794. Rappelé à Paris pour cause d’échec, il fut acquitté le 19 décembre 1794 sous le prétexte qu’il n’avait fait qu’exécuter les ordres du gouvernement. Il fut nommé par la suite ambassadeur d’empire aux U.S.A. de 1803 à 1811.

La circulation sur ce pont a toujours été d’une grande intensité. Les voituriers, toujours pressés, provoquaient des accidents au point que le 15 mai 1840, le Préfet de Vendée contraignit le maire de la localité, Mr JOLLET, à prendre un arrêté obligeant les conducteurs de diligence à traverser le bourg au pas ou tout du moins au petit trot.

Au milieu du pont, côté moulin, une tête de proue, sculptée dans la pierre, rappelle un personnage romain mais son origine exacte demeure inconnue.

Il existait bien avant le début de la Révolution Française en 1789 et était beaucoup moins important que le bâtiment actuel. Il y avait deux moulins en parallèle, un à vent et un à eau.

Une tannerie lui fut très longtemps accolée. Elle appartenait dans les années 1830 à Jean ARTEL. Celui-ci était co-propriétaire de la cour du moulin avec Louis DURET, le moulin lui-même appartenant à un monsieur MANDIN, meunier.

L’origine du moulin à eau est incertaine. Il pourrait remonter 2 siècles avant J.C. dans les régions montagneuses du proche Orient. Il fût introduit en occident grâce aux romains. Au cours des XIème et XIIème siècle, cette invention se développe et devient une « révolution technique ». Au XIXème siècle, les moulins à vent disparaissent au profit des machines à vapeur tandis que les moulins à eau persistent.

Bien avant la révolution française, le quartier du Péplu qui tire son nom de « Puy velu » ou petit mont, était pourvu d’au moins quatre tanneries dont celles de Bouyer et de Jean Artel. La fabrication du cuir à partir des peaux d’animaux nécessitait beaucoup d’eau d’où sa présence près de la rivière. Cela en faisait aussi un quartier à part du fait des odeurs fétides qui s’en dégageaient.

Site Belleroche

Propriété de Joseph FAYAU pendant la révolution. Ce colonel de la Garde Nationale est né à Rocheservière le 25 Mars 1766. Colonel du canton de 1789 à 1791 puis député à la Convention en 1792, 1793, 1794. Ami de MARAT, c’est le seul député de la Vendée à voter pour la mort du roi LOUIS XVI. Le 17 novembre 1793, il propose des mesures sanguinaires pour anéantir la Vendée : « On n’a pas assez incendié la Vendée. La première mesure à prendre est d’y envoyer une armée incendiaire. Il faut que pendant un an, nul animal, nul homme ne trouve de subsistances sur son sol ».

Ce site a appartenu ensuite au Baron des Lyons qui l’a légué à son neveu, l’abbé Philippe des Lyons. Celui-ci en a fait don à la Congrégation des Pères missionnaires d’Issoudun.

Ce site fait maintenant partie de la propriété de Terres de Montaigu – Communauté de Communes Montaigu-Rocheservière.

Rocheservière, en plus du Seigneur « suzerain », propriétaire du château fort, ne comptait pas moins de 16 seigneuries réparties sur son territoire, du moyen âge à la Révolution française. Chaque seigneurie avait son château ou son manoir ou un logis. Ils sont, pour plusieurs d’entre eux, la réminiscence de l’important passé seigneurial dont ROCHESERVIERE a été marqué.

Quoique modifiés au cours des siècles, il nous en reste des traces comme à la Garde, la Sauvinière, la Bernardière, Soulette, la Naulière, Belle Roche. 2 parmi eux, déjà évoqués, ont joué un rôle historique important : La Garde avec la duchesse Du Berry et la Roche-Boulogne avec Charette.

Plus tard, au XIXème siècle les châteaux modernes:

Ont notamment été construits à cette époque : les châteaux du Pavillon, de la Source, de la Touche, de la Surière, de St André, de Grammont, de la Grande au Baron… Par nostalgie de l’Ancien Régime ? Simple volonté de se doter de belles habitations ? Phénomène de mode ? Réinvestissement des profits réalisés dans les biens nationaux ou la révolution industrielle ?

Ce sont les anciennes dépendances du château féodal appelées « le pavillon du château ». Au XVIIIème siècle, le régisseur et les officiers subalternes au service du Seigneur de la châtellenie de Rocheservière y logeaient. Ce vieux logis a été démoli en 1842 par Louis de TINGUY pour faire place au château actuel reconstruit en 1885.

Le bâtiment de la garde nationale

En 1789, des bourgeois acquis à la Révolution Française créent à Paris puis dans les grandes villes de nouvelles forces de l’ordre appelées « Gardes Nationales ». À Rocheservière, ils s’installent dans le grand bâtiment rénové qui côtoie la cour de la ferme du château. Ces forces prendront par la suite le nom de gendarmerie. Le premier Colonel de cette garde fût en 1789 – 1790 et 1791 le dénommé Joseph FAYAU (propriétaire de la propriété de Belleroche précédemment évoqué), futur député à la Convention.

Les dépendances disposent de fours à pain qui n’ont pas été endommagés et qui sont désormais remis en activité régulièrement à l’occasion de manifestations culturelles de la commune.

Ancien prieuré des moines de St Gildas, ce site est notamment constitué d’une chapelle du XIIIème siècle possédant un retable du XVIIème siècle inscrit à l’inventaire du patrimoine des monuments historiques, l’ancien cimetière médiéval désaffecté et une maison d’habitation qui était autrefois le logement des moines du prieuré St Sauveur.

La chapelle actuelle restante correspond à l’ancien chœur de l’église Saint Sauveur. Une nef unique se terminait alors par un clocher à 8 pans couvert en ardoises et haut de 30 m. Elle fut détruite par un incendie le 6 avril 1568 pendant les guerres de religion, restaurée puis à nouveau détruite en grande partie pendant la tourmente révolutionnaire. Après l’effondrement de l’église Notre Dame, située dans le quartier dit aujourd’hui « le Pilori », la paroisse Saint Sauveur accueille pendant de nombreuses années les paroissiens des deux paroisses de Rocheservière.

L’église fut par la suite utilisée par les moines du prieuré. Enfin, endommagée par le temps, la nef de l’église Saint Sauveur est démolie vers 1860, ne laissant subsister que le chœur qui constitue la chapelle actuelle.

Le Retable : XVIIème siècle, en pierre polychrome, dans la chapelle St Sauveur:

Le chevet de la chapelle abrite un retable dont le panneau central, sculpté, composé de trois parties : à gauche une statue de Marie avec Jésus enfant, à droite une statue de Joseph, et au centre, une scène en bas relief relatant la Transfiguration, épisode bien connu de la vie du Christ. De chaque côté du bas-relief, des statues de saints sont placées dans des niches. A droite se trouve la statue de Joseph et à gauche celle de la Vierge à l’enfant. Ce retable est inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.

 

En 2010, le site a bénéficié d’une restauration complète, respectueuse des savoir-faire traditionnels, et visant une restitution des espaces originaux. Il ne reste donc plus de traces de ces diverses occupations.

Aujourd’hui il est devenu le site culturel Saint-Sauveur dont le pôle patrimonial, la Chapelle, ouvre ses portes au public qui peut y découvrir son retable de la Transfiguration, daté du XVIIe siècle et inscrit au titre des monuments historiques, le centre d’interprétation des retables baroques de Vendée et les remarquables broderies de Nicole Renard.

Datant du XIXème siècle, l’église St Sauveur « seule rescapée des guerres et outrages du temps » est devenue trop exiguë pour accueillir tous les fidèles et en 1847, l’abbé François Marie PERRAULT a pour tâche d’entreprendre la construction de l’église actuelle Notre Dame de Rocheservière. Il a eu beaucoup de difficultés et se ruina pour l’église, il donnait tout aux pauvres. En 1848, le conseil de fabrique accepte son projet et le charge de s’entendre avec un architecte. Mr Faucheur est désigné. Le projet fut mis à exécution en 1850. En 1853, pose de la première pierre, mais de nombreux problèmes se présentèrent autour de la construction. En 1856, le conseil de fabrique choisit l’abbé BARILLEAU pour conduire les travaux. En 1857, enfin bénédiction de cette église. En 1861, on cherche encore des fonds pour construire la flèche. Après bien des péripéties, tout est terminé en 1882 et la consécration de l’église se fera par l’évêque.

Cet édifice contient une vierge du XVIIème siècle classée monument historique – une série collection de 56 vitraux divisée en 4 catégories :

  • épisodes des guerres de Vendée, dont 1 en particulier qui rappelle le passage des colonnes infernales à Rocheservière le 27 février 1794,
  • histoire et religion,
  • l’ancien testament,
  • les apôtres

Son chemin de croix peint sur cuivre qui possède la particularité d’avoir 16 stations et non pas 14 comme habituellement. Ce chemin de croix a été offert par Melle CHARRUEAU.

Son orgue fabriqué par Yves Fossaert avec 20 jeux, 3 claviers et 1217 tuyaux. Les grandes orgues dont l’achat a été décidé par le conseil municipal de 1998 et financé par moitié par la commune et la paroisse.

La construction débute en 1850. Composé de 3 arches, ce pont a été réalisé entre autres avec certaines pierres de l’ancien château-fort de Rocheservière. Avant cette date, le site est formé d’une énorme butte, imprenable selon les généraux impériaux qui combattent en 1815. Sur celle-ci, une tour en bois avait été édifiée avant le Xème siècle et complétée par les CHABOT au XIIIème par le château fort.

Le terrain pentu, au dessus de la place, est occupé au moyen âge, par des plessis – maisons d’habitation avec leur jardin – tous entourés d’une clôture de branches entrelacés.

Situé sur la route de Vieillevigne, à la rue des alouettes, ce calvaire est l’œuvre d’un artiste breton, le sculpteur Yves Hernol.

Architecture

La croix est sculptée dans du granit de Ker-Santon en Bretagne, appelé Kersantite. Le sculpteur y a imprimé la marque de la souffrance du Christ qui se détache avec une grande expression.

Les extrémités des bras de la croix sont sculptées de feuillages. Il en est de même au sommet où se déroule la banderolle « INRI » taillée dans la pierre avec un art exquis.

Son fût mesure quatre mètres ; un ruban de pierre l’enlace, court de bas en haut, et fait briller la devise :  « Christus vincit, regnat, imperat »  > « Le Christ est vainqueur, règne, gouverne ».

Il est la copie exacte de celui de Lourdes.

Au cadastre napoléonien de 1837 figure une parcelle de terre agricole dénommée le «PAROU» d’une contenance de 16 ares 30 appartenant à GENDRE Samuel. Ce terrain, acheté en 1849 par Jacques DENIAUD, fut ensuite transmis à Samuel DENIAUD.

L’hôtel du Nord construit dans la deuxième partie du 19 ème siècle, après l’édification du viaduc, était destiné à l’accueil des voyageurs circulant sur l’axe Nantes/Bourbon – Vendée. Les bâtiments annexes accueillaient écuries et remises pour le repos des montures et le stockage des marchandises.

L’ensemble terrain et immeuble devint propriété de Jacques DUGAST, aubergiste, le 5 Mars 1880.

Le 23 Octobre 1923, M. et Mme FIEVRE, maîtres d’hôtel, deviennent les nouveaux propriétaires. Ils modernisent l’établissement, puisque l’on peut lire sur certaines cartes postales «Restaurant-Cuisine de famille-Chambres confortables-Eclairage Electrique».

M. et Mme DOUILLARD Eugène se portent acquéreurs de l’ensemble immobilier le 12 octobre 1929. Ils transforment les bâtiments pour exercer une activité de charcutier et un négoce de porc.

Mme DOUILLARD Joséphine, veuve, a tenu le commerce durant de longues années et à cédé l’affaire à M. et Mme Gilbert DOUILLARD le 1er octobre 1960.

Les derniers exploitants de l’établissement étaient M. et Mme Philippe GAILLARD, charcutier – traiteur.

La commune de Rocheservière devint propriétaire en 2006, pour inscrire cet espace dans la construction d’un nouveau quartier dédié au commerce de proximité

La fôret

La forêt qui longeait la Boulogne générait les métiers de charbonniers, sabotiers, bûcherons appelés boisilleurs, pêcheurs, chasseurs vivant du braconnage grâce aux sangliers, chevreuils, biches, cerfs, etc. qui la peuplaient.

N°12 Place de la Mairie

La présence d’un écu de pierre avec 2 lions et l’inscription 1588 rappelle qu’Agnés SOREL (1422 – 1461), surnommée la dame de beauté (car le roi lui avait donné la seigneurie de Beauté en Marne), y a sans doute séjourné quelques temps grâce à l’initiative de Joachim de Volvire, Seigneur de Rocheservière. En 1444, ce seigneur est chambellan du roi et côtoie journellement la belle Agnès Sorel, favorite du roi Charles VII, amoureuse des bijoux et « grand-mère » de la beauté féminine d’aujourd’hui.

Cet écusson pourrait rappeler à la fois la mort du prince Henri 1er en 1588, duc de Guise, dit le balafré, et cousin d’Henri IV, ainsi que le lien qui l’unissait au prieuré du site Saint Sauveur.

Agnès Sorel, sa jeunesse et sa beauté vont très rapidement la faire remarquer par le roi de France, Charles VII, le petit roi de Bourges, ce dauphin sans beauté, sans grande intelligence et sans fortune, fils d’un roi fou et d’Isabeau de Bavière, considérée par nombre de ses contemporains comme une ogresse (peut-être à cause de ses appétits que le roi ne pouvait satisfaire à cause de sa folie).

Elle meurt empoisonnée peut-être par du mercure, en 1450. Elle n’avait que 28 ans.

La venelle du Bellay

Venelle typiquement médiévale en haut de la place de la mairie, elle permettait l’accès à la place du Pilori et à l’ancienne église Notre Dame. René du Bellay fut seigneur de Rocheservière de 1534 à 1537, il était le frère du célèbre poète Joachim du Bellay.

L’ancienne église Notre Dame

Elle fut pillée et incendiée le 6 avril 1568 par les Huguenots puis dévastée 200 ans plus tard en 1794 par les colonnes infernales et enfin détruites vers 1800 / 1805. En 1837, il n’en reste plus aucune trace.

La place du Pilori

Elle rappelle qu’au temps des seigneurs et de la justice seigneuriale, on y attachait au poteau les personnes condamnées à être exposées publiquement. Les seigneurs de Rocheservière qui bénéficiaient du droit de haute justice avaient à leur disposition vingt officiers : 6 notaires, 4 sergents, 7 procureurs, 1 juge sénéchal, 1 procureur fiscal et 1 greffier.

La maison Givelet

Maison inspirée de l’architecte LAMOTE, elle n’a pas été endommagée pendant les guerres de religions car elle abritait des gendarmes.

La Gare SNCF

À l’emplacement du restaurant de la route de Vieillevigne, on y voit encore la réserve d’eau. Il fallait 2 heures pour aller à NANTES. La ligne, a été inaugurée le 01 janvier 1908 et reliait Rocheservière à Vieillevigne. L’activité fut interrompue en 1935.

Le pressoir

De 1875, en bois de chêne (poids : 4,3 tonnes environ), situé aux cinq routes, ce pressoir à leviers se compose de deux grandes poutres horizontales en bois, de 5 à 6 mètres de long, reliées à l’extrémité par une vis verticale.

La première étape de presse consiste à verser dans la maie le raisin écrasé grossièrement. Ensuite, « le cep est fabriqué » ou, plus précisément, le raisin est entassé, puis, par un procédé mécanique, la vis presse progressivement le cep. Cette opération doit être répétée plusieurs fois. Le jus de raisin qui est recueilli à l’extérieur de la maie est appelé le « moût ». Celui-ci est mis en barriques, tonneaux ou cuves, pour y fermenter puis donner du vin. Le résidu des grappes de raisin pressé constitue « la râpe ».

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