La commune rénove l'Hôtel Porteau


Créer un pôle tertiaire dans le coeur historique de Rocheservière


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En créant un espace, pour recevoir des entreprises de services et un commerce, la commune poursuit son action pour dynamiser et embellir le coeur historique de Rocheservière. L'Hôtel Porteau accueillera quatre locataires. A la mi-septembre 2010, une boutique de créations de bijoux et d' accessoires de mode, prêt-à-porter féminin et expositions artistiques, «Boucle D'art & Velours», ouvrira ses portes au rez-de-chaussée, puis s'installeront une agence d'architecture et une agence de communication. Le quatrième espace sera disponible, début 2011, pour une nouvelle installation d'entreprise.

Rénover L'Hôtel Porteau pour y installer des activités économiques c'est valoriser le patrimoine cervièrois tout en lui assurant un avenir.

 

Un parti pris architectural ambitieux


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Dans le cadre de cette revalorisation du patrimoine, il paraissait important que l'hôtel PORTEAU retrouve ses lettres de noblesses.

Cette démarche s'est traduite par deux actions majeures, d'une part la restauration de l'ensemble des façades par un traitement à pierres vues afin de retrouver le caractère originel de cet ouvrage remarquable et, d'autre part, le réaménagement des espaces intérieurs, qui doit offrir aux futurs occupants liberté d'appropriation et fonctionnalité, tout en préservant la particularité de cet ancien relais. Une partie du bâtiment vouée à la démolition sera remplacée par une extension dont l'écriture plus moderne s'inscrit dans l'esprit des devantures de manufacture.

 

Afin de répondre à ces exigences, toutes les modifications apportées sont traitées dans les règles de l'art en harmonie avec l'existant, la sobriété de l'ensemble donnant une concordance au projet.

 

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Le plus ancien bâtiment de Rocheservière...


La tradition orale cervièroise raconte que l'Hôtel Porteau fut construit à l'époque de Jeanne D'Arc au XVème siècle. La légende confirme ainsi que cette demeure est sûrement la plus ancienne bâtisse de Rocheservière.

 

En fait, «la Pucelle» n'aurait pas pu connaître cet ancien relais de poste. Il fut érigé après la guerre de cent ans, au XVIème siècle, à une période où les rois de France décidèrent d'organiser et de sécuriser les transports en offrant des relais, pour les voyageurs et les chevaux, toutes les quatre lieues (16 km). L'Hôtel doit son nom a la famille Porteau propriétaire de l'établissement.

 
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Epargné par la Révolution, il a conservé de vastes cheminées et un escalier en granit. Les multiples ouvertures du bâtiment devaient être à l'origine à meneaux.

Au-dessus de l'entrée principale on peut voir un écusson sculpté, sûrement celui du propriétaire, ce qui était l'usage à l'époque. À l'intérieur de cet
emblème, un lion est tourné à senestre et un autre tourné à dextre. Dans la partie supérieure, une inscription indique selon les chroniques paroissiales «M.G. Berthomet». On y remarque deux branches d'olivier ainsi qu'une fleur de lys, située au-dessous du T de l'inscription, rappelant l'appartenance de Rocheservière au Poitou.

 



Quand la technique se met au service du patrimoine


La rénovation d'un bâtiment tel que l'hôtel Porteau, fait appel aux compétences et aux savoir faire nécessaire à la conservation du patrimoine ancien, mettre en œuvre les matériaux, manier les outils, et respecter le travail de nos anciens sont les piliers d'une rénovation réussi. Néanmoins, les techniques modernes apportent bien souvent des solutions permettant d'adapter ces constructions aux exigences de fonctionnement d'aujourd'hui, car celles-ci ne doivent pas rester ruines, mais aux contraire permettre ce pourquoi elles ont été construites : l'activité humaine.

 

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Dans le cadre de notre chantier, un des éléments majeur qui fait la richesse de l'hôtel sont les planchers dit : «à la française» (ou plafonds à la française). Ceux-ci étaient constitués d'une structure bois horizontale avec des poutres maîtresses de forte section et de solives qui ont la particularité d'être positionner de manière à ce que l'écartement entre elle n'excède par leur section, le vide entre solive (entrevous) était comblé par un lattis de châtaignier et un bousillage de terre et paille, le tout recouvert en partie supérieure par une terre cuite posée sur un mortier de chaux. L'ensemble constituait donc un plafond avec poutres apparentes au rez-de-chaussée et un plancher solide à l'étage.

 

Compte tenu de l'ancienneté de l'ouvrage et de sa destination future, un bureau d'étude spécialisé dans la structure bois à été missionné pour analyser l'état de solidité du plancher. Le rapport à fait apparaître la nécessité de réparer certaines poutres maîtresses et de remplacer quelques solives usées par le temps, mais surtout de prévoir un renforcement de l'ensemble.

 

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La solution technique proposée consiste, en la dépose du revêtement supérieur en terre cuite et du lattis servant d'entrevous afin de mettre à nu la structure bois, ce qui permet une réparation sérieuse des poutres et solives en chêne, et de créer un plancher mixte bois et béton, capable de reprendre les charges utiles à sa destination future.

La réparation des poutres est réalisée soit par brochage inox pour les plus endommagées ou par injonction de résine.

 

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Des connecteurs sont ensuite fixés dans les poutres maîtresses, ce sont de gros boulons spécialement étudiés qui assurent la liaison entre le bois et le béton, cette technique déjà éprouvée dans la rénovation de monuments historiques fait l'objet d'un avis technique. L'espace entre les solives (entrevous), est fermé avec un panneau type O.S.B, pour ensuite être recouvert en sous face par un enduit plâtre, au-dessus un granulat léger type «vermiculite», permet de redresser le niveau et d'incorporer les alimentations électriques. L'ensemble est ensuite recouvert par une dalle de compression en béton qui répartie les charges sur la surface.

Cette solution permet de sauvegarder le plancher à la française avec son chêne vieux de plusieurs siècles, de limiter les charges rapportées sur les murs (le poids du béton est sensiblement équivalent au complexe déposé : carrelage+chape+lattis) et d'assurer la pérennité de l'ouvrage dans le respect du patrimoine.