Le vieux pont

Le petit pont sur la Boulogne aurait été construit à l'époque Gallo-Romaine. Situé en contrebas de la butte, ce pont gallo-romain enjambe la rivière appelée Bedonia (819) puis Bolonio au XIIème. On peut penser que ce pont remonte au moins au Xème siècle. Il fut longtemps l'unique voie de passage sur la Boulogne tout au moins sur le territoire de Rocheservière. Il est composé de 4 arches de style roman dont la voûte est en plain cintre et les pierres taillées placées en berceau, style d'avant le XIIème. La 5ème arche coté moulin est de style gothique avec sa voûte en ogive, en arc brisé, restaurée sous cette forme au lendemain de la révolution. Il est classé monument historique suite aux événements de la révolution et des guerres de Vendée. En effet, il fut en partie détruit pendant la Révolution lors des combats des 16 et 17 juillet 1794, le bourg étant précédemment tombé aux mains des soldats républicains en septembre 1793.

 
Vieux pont

Mais il est entré dans l'histoire de France par le combat des 19 et 20 Juin 1815 - le lendemain de la défaite de Waterloo -

Bref rappel historique : Le retour de Napoléon au pouvoir connu sous l'appellation des 100 jours (20 mars - 23 juin 1815) provoque l'exil du roi Louis XVIII et déclenche le 15 mai un soulèvement dans l'ouest de la France. Napoléon y envoie une « force militaire considérable » de plus de 20 000 hommes.

C'est le combat de Rocheservière qui marque la fin de cette insurrection vendéenne. L'armée royale commandée notamment par de Suzannet et d'Autichamp, disperse le 19 juin, les chasseurs du général Travot au village de la Grolle. Le lendemain, le 20 juin, dans les rues et sur le vieux pont, ont lieu des combats acharnés. Mais la victoire revient aux impériaux du Général Lamarque. Les Vendéens perdent plusieurs de leurs chefs dont Constant de Suzannet. Vaincus, ils regagnent alors définitivement leurs chaumières.

 

Dans ses mémoires écrites à Sainte Hélène, Napoléon dit que s'il avait disposé, au moment de la bataille de Waterloo du 18 juin, de seulement 10 000 hommes, soit la moitié de ses troupes occupées sur le territoire de l'ouest de la France, sa destinée en aurait été changée.

Rocheservière et La Vendée auraient-ils ainsi contribué à l'échec de l'un des plus grands stratèges militaires de tous les temps ?

 

Morts célèbres à ce combat

Monsieur de Suzannet enterré dans l'église de Maisdon en Loire-Atlantique
Monsieur du Réau de la Gaignonnière, un des 200 soldats du roi Louis XVIII : enterré dans le vieux cimetière de Rocheservière

 

En septembre 1823, la Duchesse d'Angoulême, fille de Louis XVI, s'arrête à Rocheservière lors de son pèlerinage dans l'Ouest. Elle gratifie alors la municipalité d'une somme de 500 francs de l'époque afin de restaurer le vieux pont désormais entré dans l'Histoire de France.

Anecdote : elle est accompagnée en Vendée par Tureau, chef des colonnes infernales qui ravagèrent le territoire de la Vendée militaire, de février à mai 1794. Rappelé à Paris pour cause d'échec, il fut acquitté le 19 décembre 1794 sous le prétexte qu'il n'avait fait qu'exécuter les ordres du gouvernement. Il fut nommé par la suite ambassadeur d'empire aux U.S.A. de 1803 à 1811.

 

La circulation sur ce pont a toujours été d'une grande intensité. Les voituriers, toujours pressés, provoquaient des accidents au point que le 15 mai 1840, le Préfet de Vendée contraignit le maire de la localité, Mr JOLLET, à prendre un arrêté obligeant les conducteurs de diligence à traverser le bourg au pas ou tout du moins au petit trot.

Au milieu du pont, côté moulin, une tête de proue, sculptée dans la pierre, rappelle un personnage romain mais son origine exacte demeure inconnue.