Le château fort

De par sa situation aux confins du Poitou et de la Bretagne, Rocheservière entre dans l'histoire de France dès le Xème siècle. Un grand nombre de serfs devaient vivre autour de la roche sur laquelle aurait été édifiée au Xème ou XIème la tour féodale surplombant la vallée de la Boulogne. Le Seigneur de Rocheservière était désigné ainsi : "Dominus de Rupercerveria" en 1250.

Pour protéger leur territoire des invasions des vikings, des bretons et des angevins, les comtes du Poitou édifient des lignes de défenses en créant des châteaux forts au nord de leur territoire. La Garnache, Machecoul, Palluau, Montaigu, Tiffauges, Mortagne, Rocheservière, entre autres, deviennent des places fortifiées, occupant une position stratégique.

 

Chateau

Au début du XIIème, le château appartenait à un seigneur du nom d'Emmery. Sa fille, Agnès, en épousant un Chabot fit entrer la terre de Roche Servière dans cette noble famille qui la posséda pendant plusieurs générations.

Ainsi la châtellenie de Rocheservière atteint-elle son apogée au XIIIème siècle. C'était une des plus puissantes de la France féodale. Elle étend ses droits sur les paroisses de Rocheservière, La Grolle, Saint Christophe la Chartreuse, Saint Etienne de Corcoué, Saint Philbert de Bouaine, sur une partie des paroisses de Mormaison, Saint Sulpice, Saint Denis la Chevasse, Les Lucs, Legé, Saint Colombin et jusqu'au lac de Grand Lieu. Le seigneur de Rocheservière était considéré comme le suzerain de tous les seigneurs « vassaux » installés dans la châtellenie, avec un droit de haute justice sur l'ensemble du territoire.

Les Chabot, dès 1040, sont cités comme une des plus grandes et vieilles familles seigneuriales en France. Ils sont à la tête de la seigneurie pendant près de 250 ans, de 1050 à 1300 environ. En 1170 Thibaud II fonde le prieuré de Rocheservière.
Cette famille entreprend au XIIIème siècle la construction d'un château fort sur cette butte féodale qu'on appelle aujourd'hui la "butte" Sebrand et Thibaud Chabot, avec tout un système de défense : douves, remparts, donjon, tours, un pont-levis, etc. Le château s'étend sur un hectare.

Le Bas-Poitou dont faisait partie la Vendée a toujours été un champ de batailles où sont venus les Romains et Gallo-romains, les Francs, les Anglais, les Bretons, les Angevins, etc.

Plus tard, cette terre vint après, par mariage, aux Ruffec, maison d'Angoumois, non moins illustre, qui se fondit bientôt dans celle de Volvyre qui furent seigneurs de Rocheservière de 1350 environ à 1531, soit près de 200 ans. Vers 1535, François de Volvyre vendit Roche Servière à Jean Hamon, Seigneur de Bonnet, dont la fille et héritière, Robinette Hamon, veuve de Claude de Maillé-Brézé, vivait encore en 1595. Roche Servière passa ensuite successivement aux Machecoul, aux Crux et aux Leclerc de Juigné ; ces derniers en étaient propriétaires au moment de la révolution. Cette forteresse est abandonnée par les Seigneurs au XVIIème.

Le 13 avril 1622, le roi Louis XIII serait passé à Rocheservière au moment des guerres entre catholiques et protestants. Il s'y arrête quelque temps avant d'aller « châtier » Soubise et ses coreligionnaires révoltés en Bas Poitou.

En 1799, Mr Grelier du Fougeroux, alors à la tête de la chouannerie du pays, fit démolir le château qui n'était plus qu'une ruine endommagée par de nombreuses guerres et abandonnée par ses seigneurs, afin de l'empêcher de servir de retraite ou de refuge aux troupes républicaines.

Depuis quelques années, le nouveau château du pavillon appartient à M. Onésippe de Tinguy.